Lundi 20 mai 2013
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Quelques heures après sa victoire, Yoann Freget se confie à nos confrères de "Télé
Loisirs" lors d'une interview dans laquelle il revient sur sa participation à "The Voice, la plus belle voix" saison 2 sur TF1, sur son bégaiement mais également sur son
avenir...
Télé-Loisirs : La nuit a été courte. Avec qui avez-vous fêté votre
victoire ?
Yoann Fréget : Oui, j'ai dormi 4 heures. On a fêté ma
victoire avec l'équipe de production, avec des gens de TF1, quelques personnes d'Universal, quelques coach dont Garou et des talents. Ça m'a d'ailleurs touché car certains m'ont dit qu'ils
voulaient que je gagne. Ça me touche beaucoup, car c'est la preuve d'une solidarité autour de valeurs que j'ai pu véhiculer et qui les ont inspirés en tant qu'artistes. Je dis ça humblement, mais
je suis content si j'ai pu les nourrir et leur donner de l'espoir. Ils ont vu qu'avec moi, ça peut marcher en faisant des choses vraies. Je ne suis pas un artiste qui rentre dans la séduction
avec le public : ça, c'est fait et refait et ça ne m'intéresse absolument pas. Le public a été séduit par mon innocence, cette partie enfant.
Revenons sur votre parcours. Quand vous avez participé aux auditions à
l'aveugle, pensiez-vous gagner ? Etait-ce votre motivation ?
Clairement, non ! C'était transmettre mon énergie au public. Et montrer qu'un
être humain peut évoluer et passer du fond du gouffre à un état de zénitude total.
Vous parlez de vous, là ? Et de votre handicap dû au bégaiement, je suppose ?
Non, j'ai eu des moments dans ma vie où je n'étais clairement pas bien et la
musique m'a toujours tiré vers le haut tout comme ma spiritualité. C'est ma force.
Le bégaiement, c'est du passé ? Vous avez passé un cap grâce
à The Voice ?
Ça fait longtemps que j'ai passé un cap avec mon bégaiement. Je me suis jamais
défini par rapport à ça d'ailleurs. Je ne suis pas un bègue, je suis un être humain qui a des choses à exprimer avec ses points faibles, mais au-delà de ça, je ne me suis jamais défini par
rapport à mon handicap. C'est aussi ça mon message.
Lorsque Nikos a annoncé votre victoire, dans quel état d'esprit
étiez-vous ? Surpris ? Content ? Sous le choc ?
Non, ce n'était pas de la surprise, mais une grande joie et de la gratitude.
J'ai toujours su que je pouvais gagner, mais je n'ai jamais su si ça allait se faire.
Oui, mais c'était Olympe, le grand favori...
Oui, mais pour moi, c'est une grande illusion toute cette
histoire de favori. Au-delà des sondages, il y a des gens qui ne s'expriment pas forcément dans les réseaux sociaux et qui allument leur télé tous les samedis à 20h50 et se laissent toucher.
Olympe avait énormément de fans sur Facebook, sur Twitter : ce n'était pas mon cas.
Je refuse tout ça. Si je peux être un frère pour les gens, être leur ami, ça me va, mais le côté fan qui vient du mot fanatique, est trop lourd pour moi. Et puis, je vais vous dire une chose :
pour exploser sur les réseaux sociaux, il faut vraiment prendre du temps et s'en occuper énormément. Je n'avais pas le temps et j'ai refusé qu'il y ait un administrateur sur ma page qui se fasse
passer pour moi, contrairement à certains autres candidats que je ne citerai pas.
Parlons de Garou. Quand il vous a choisi dans votre équipe, il disait
qu'il allait vous "recadrer". L'a-t-il fait ? Et au final, que vous a-t-il apporté ?
Non, je ne l'ai pas suivi et je le lui ai dit que ce n'était pas comme ça que
je voyais les choses, que j'avais la foi et que les gens pouvaient m'accepter tel que je suis et que si c'était pas le cas, c'était tant pis. Le plus important, c'est que j'en ai jamais fait trop
: je suis resté moi-même. Mais je vous assure qu'une belle complicité nous a liés tout au long de l'aventure : il m'a vraiment manifesté beaucoup d'amour.
Finissons sur votre album. Y pensez-vous déjà ? En avez-vous déjà parlé
avec la maison de disques Universal Music ? Ont-ils déjà des pistes de leur côté ?
(Il rit.) Ils ont
sûrement leurs idées, mais s'attendaient-ils à ma victoire ? Je n'en sais rien ! Je les rencontre prochainement et j'espère que l'on travaillera main dans la main. J'ai des idées et s'ils en ont,
je les écouterai et on travaillera ensemble pour servir mon message.
Le relatif échec de Stephan Rizon vous fait-il peur
?
Non, parce que je ne suis pas superstitieux. Mais j'ai
conscience de sortir d'un jeu. A moi de faire bon usage de mon titre comme l'a fait Grégory Lemarchal en son temps. C'est d'ailleurs quelqu'un
avec qui je me serais très bien entendu. Il avait une lumière très forte. Mais, pour revenir à votre question, il faut être très vigilant et garder les pieds sur terre. J'ai envie que mon album
soit accessible en dehors de nos frontières, avec des titres en Français, mais aussi en Anglais. Mais ce ne sera pas un album de reprises. En revanche, je peux vous dire que j'aimerais beaucoup
faire un duo avec Anthony Touma : il y a une connection très forte entre nous et il fait de la musique pour les mêmes raisons que
moi.
Propos recueillis par Gaëlle Placek pour Télé
Loisirs
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